Leçon d'éducation

Ou l'art de faire de son mieux avec ce qu'on a

Parce que les parents sont une communauté constituée de profils très diverses qui partagent néanmoins un (ou plusieurs) point(s) commun(s), je propose de parler d'une seule voix de l'education d'un enfant.

Puisque chaque enfant est différent on est sûrs de se tromper !

Ceci permettra de lancer des débats, parfois constructifs, mais sans aucun doute stériles sur le rôle de parent et mieux comprendre à quel moment ta relation avec ta belle-mère a basculé.

Le désir d'enfant

Récemment, je lisais un article extrêmement sérieux dans une revue de physique quantique et apprenais que Céline Dion, 51 ans, aurait évoqué son souhait d'agrandir la famille en adoptant (ouf!) une petite fille et ainsi accueillir son 4ème enfant.

De là m'est venue la question du désir d'enfant. A quel moment, une femme, ou un homme, sait-elle / il qu'elle / il est prêt(e) et qu'elle / il est fait pour devenir parent ?

1. Désir d'enfant: se sentir prêt

Lorsque j'ai appris ma grossesse (non planifiée) il y a maintenant 6 ans, la surprise passée, j'ai accueilli cette nouvelle avec un large sourire et un sentiment de plénitude. Mon désir d'enfant avait du commencer 1 an plus tôt, sans que je ne me l'explique. Pression sociale à l'approche des 30 ans ? Même si je ne peux écarter l'influence des attentes de la société ("Alors, vous pensez bébé?" Et lorsque ton fils a 8 mois "Alors, vous pensez au 2ème?"), j'ai ressenti ce désir d'enfant germer au fond de moi. La bonne nouvelle c'est que j'étais sûre de vouloir être maman et que je me projettais comme telle.

On était bien loin des rêveries de l'enfance ou l'on croit qu'à l'âge adulte on aura 4 ou 5 enfants, 2 chiens, 2 chats, 1 poney et un job à temps plein. OK, Angelina Jolie l'a fait, mais bon.

Non, ici je parle bien d'un désir, d'une certitude, d'un ancrage qui prend racine dans les tripes et ne nous quitte pas. Je crois que mon esprit était 100% prêt et avait briefé mon corps.

Difficile pour moi de répondre à des amies ou collègues qui se posent la question lorsqu'un conjoint évoque un désir d'enfant qu'elles n'avaient pas envisagé. Est ce que le fait de ne pas ressentir ce "besoin" n'est pas bon signe? Est ce que certaines personnes deviennent de bons pères et de bonnes mères alors que cette grossesse n'était pas souhaitée? Evidemment que oui.

Mais à une époque oú l'individu tient à son développement personnel et dans un monde très très exigeant par sa vitesse, son niveau d'information et son échelle de valeur essentiellement matérielle (l'être humain se devant d'être productif), ne négligeons pas ce qu'avoir un enfant signifie.

Le film "7 Sisters" est une parfaite illustration de l'ambivalence de l'être humain, à la fois soucieux de faire valoir son droit à être parent, mais aussi incapable de se réguler, mettant ainsi sa propre "espèce en péril".

Ne vous y trompez pas. Sous ces airs de film d'action à la Besson, version "Nikita", le film va vous chahuter en tant qu'individu en remettant en question certaines croyances et la vision très nombriliste et court-termiste que nous partageons tous.

Une façon de se demander si ce désir d'enfant est suffisant pour être légitime ? Je n'ai pas la réponse en bonne simple mortelle et ne me permettrais en aucun cas d'en juger, tant je sais que le désir d'enfant non assouvi dans certaines familles est source de beaucoup de souffrance.

2. Désir d'enfant: être fait pour être parent

Et nous voilà à l'étape suivante. La grande question d'être "fait pour être parent." Je pourrais m'arrêter là en vous disant: "personne ne le saura jamais même pas vos enfants :-)"

Ici je ne souhaite pas débattre de la capacité ou non à exercer l'autorité parentale (je n'aime pas trop ce terme), même si nous pourrions evidemment nous poser la question lorsque les statistiques montrent qu'en France un enfant meurt sous les coups d'un des parents tous les 5 jours en moyenne...

Je me pose surtout la question de l'évolution du regard de la société et d'une nouvelle génération de parents (personnes nées en 80's-90's) sur le fait d'avoir des enfants.

Je vais vous partager ici 2 inquiétudes:

  • Le nouveau postulat revenant à assumer que finalement nous ne sommes pas faits pour être parents

Il y a une chose que je salue avec le développement des séries et autres blogs satires sur la vie de parents, c'est la fin de l'hypocrisie du "ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants" et la capacité à tourner en dérision la réalité d'un quotidien de papa ou maman.

Je me suis régalée devant des "Fais pas ci, Fais pas ça" et suis moi-même abonnée au compte Instagram "Parents Epuisés". Leur capacité à nous permettre de nous identifier et se sentir moins seuls est indéniable.

Ce qui commence à me gêner, c'est que ces propos et blagues concernant les enfants reviennent à dire que les seuls moments de vrai plaisir et de joie se passent lorsqu'ils sont à l'école ou chez papy et mamie.

L'approche décomplexée de reconnaitre qu'on aimerait pouvoir s'en débarasser "mais bon, c'est pas socialement acceptable", en reviendrait presque à justifier qu'on limite le temps passé avec eux (vive le baby club 7/7 pour profiter des vacances) ou pire qu'on les prenne comme objet d'expériences sordides sans tenir compte de l'impact que ceci pourrait avoir sur eux.

La plupart du temps, l'approche est "bon-enfant" (oui un jeu de mots) et je suis en faveur de cette thérapie par le rire. Mais quand on sait que les propos tenus devant un enfant peuvent définir sa confiance en lui, modeler sa personnalité, est-ce si positif de verbaliser à quel point ils nous fatiguent, nous empêchent de faire ce qu'on voudrait au risque de leur faire porter une culpabilité totalement injuste ? (oui parce qu'au départ, l'enfant n'a rien demandé).

Je me souviens d'une connaissance qui ne se retenait pas de mentionner que sa fille lui faisait mal en lui donnant des coups de pieds dans le ventre pendant la grossesse en disant "la connasse, elle n'y va pas de main morte!".

A quel moment, l'enfant à naître ou né est-il tenu responsable de notre nouveau statut de parent avec son lot de sacrifices et de difficultés ?

L'époque de nos grands parents vendait la parentalité à travers des images de bénédictions, en se focalisant sur les joies, les moments d'émerveillement et les bonheurs d'une vie de famille... Ne tombons pas dans l'extrême opposé.

  • Le phénomène Instagram et parents de télé-réalité

Un deuxième phénomène de société qui m'interpelle est la nouvelle tendance des candidats de téléréalité à commercialiser leur grossesse et, par la suite (logique), leurs enfants.


Cela a commencé gentiment avec une Caroline Receveur, "influenceuse", qui s'est mise à poster des photos de sa grossesse (very chic and glamourous) puis des photos et videos de son fils sur Instagram etc.

On peut discuter des impacts de l'exposition media d'un bébé qui (encore une fois) n'a pas donné son consentement et va grandir habitué à voir ses parents avec un téléphone greffé à la main pour le filmer ou le prendre en photo plutot que de lui parler, le toucher et partager un moment "présent" avec lui ou elle; Mais connaissant le degré de fierté que procure le fait de voir son enfant grandir et la pression social à avoir accès aux images, je ne me permettrais pas d'en juger et respecte le libre choix de chacun à gérer son rapport à l'image et au réseaux sociaux.

Là oú ça devient flippant, c'est lorsque le fait même de devenir parent semble être une démarche commerciale.

La notoriété permise par un passage dans une émission de télé-réalité etant éphemère, la seule façon de vivre de cette activité est d'entretenir un vivier de "followers"et "abonnés" sur les reseaux sociaux afin de donner envie à des marques de vous solliciter comme "égérie" dans le meilleur des cas, ou de faire du placement produit.

L'objectif étant d'être suivi par le plus grand nombre pour gagner de l'argent, certains candidats ont commencé à user de stratégies de communication, faisant de leur propre vie une fiction, pour arriver à cette fin. Ainsi, ayant constaté que le public était sensible aux histoires d'amour, ils créent des couples fictifs afin de publier des clichés amoureux et faire du pied à des marques ou de nouveaux programmes de téléréalité.

Depuis quelques années, malheureusement, ils ont aussi compris l'émotion du public pour une grossesse et une naissance, et l'on voit se multiplier des "bébés télérealité", sur-exposés, sur médiatisés et parfois réduits au statut d'objet promotionnel sur les comptes Instagram de leurs parents (lorsque leur propre compte n'est pas créé).

Je reste effarée devant une Nabilla qui exprime une émotion plus sincère devant un sac  à 30.000€ reçu pour son anniversaire que sur les photos oú elle tient son fils dans ses bras.

Mais en même temps, je n'attends pas autre chose de Nabilla. J'en attendrais un peu plus en revanche de monsieur et madame tout le monde qui "like" les photos postées et encouragent ainsi cette déviance.

Finalement une nouvelle forme de placement produit me direz vous !

Nous verrons bien si elle pousse de jeunes "followers" à acquerir le même sac ou essayer de faire le même bébé.





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